Des salles d'urgence aux soins pour les personnes âgées, l'apprentissage machine, l'intelligence artificielle et la robotique font leur entrée dans toutes les sphères du secteur de la santé.

Dans un monde moderne constamment bousculé par les changements technologiques, les travailleurs de la santé ont tout de même un avantage.

Étant donné la nature essentiellement humaine du travail, les technologies de pointe ne menacent pas dramatiquement l’emploi des médecins, des infirmières, des thérapeutes et des autres professionnels de la santé qui fournissent des soins de toutes sortes aux Canadiens. Même si l’automatisation promet des gains d’efficacité, personne ne s’attend à court terme à ce qu’un robot puisse poser un diagnostic de cancer ou effectuer des visites médicales à domicile.

Voilà un pronostic rassurant, mais le secteur canadien de la santé devra faire face à un autre défi de taille. La population vieillissante du pays exercera bientôt une grande pression sur le système, qui coûtera 120 milliards de dollars de plus au cours de la prochaine décennie. Pour tirer pleinement profit des nouvelles technologies alors qu’un Canadien sur quatre sera une personne âgée, le secteur de la santé devra adopter de nouvelles façons de travailler.

Lire le rapport intégral

Télécharger

Un nouveau rapport de RBC intitulé On demande Dr Données révèle qu’environ 17 % des emplois du secteur de la santé sont à risque d’automatisation – soit moitié moins que dans les autres secteurs de l’économie.

Le réseau de la santé devrait aussi continuer de créer beaucoup d’emploi : d’ici 2025, 370 000 nouveaux postes y seront offerts et le secteur connaîtra sans doute une pénurie de travailleurs, même selon les prévisions les plus optimistes. Cette pénurie annoncée présente une occasion de réorientation professionnelle pour un grand nombre de travailleurs dont l’emploi dans un autre secteur a été éliminé, bon nombre d’entre eux possédant déjà certaines des aptitudes fondamentales recherchées dans le secteur de la santé.

La nécessaire mise à niveau des aptitudes pose toutefois un énorme défi que le réseau canadien de la santé devra relever rapidement. Les travailleurs qui souhaitent se réorienter vers le secteur de la santé devront trouver le temps, l’argent et le soutien nécessaires. Ceux qui travaillent déjà dans le réseau de la santé devront acquérir une formation d’appoint pour s’adapter aux technologies de rupture. De plus, le secteur sera à l’affût de nouvelles compétences, par exemple dans les domaines de l’impression 3D et de la programmation des dispositifs portables.

Les spécialistes consultés s’entendent sur les aptitudes dont le secteur de la santé aura besoin dans un proche avenir, notamment la maîtrise du numérique (capacité non seulement de recueillir des données, mais aussi de les utiliser et de les analyser), la capacité de fournir des soins de santé virtuels (en raison de la croissance de la télémédecine) et la capacité d’orienter les patients dans un réseau toujours plus complexe. Quant aux qualités humaines caractéristiques des meilleurs soins de santé — l’empathie, l’écoute active, la pensée critique et la capacité de résoudre des problèmes complexes —, elles seront plus importantes que jamais.

La révolution des aptitudes est déjà en marche dans le réseau de la santé. Les enseignants adaptent des cours provenant d’autres disciplines afin de développer l’adaptabilité et la résilience chez leurs étudiants. Les médecins consultent des spécialistes de l’intelligence artificielle afin de trouver des algorithmes permettant d’améliorer les soins. Les hôpitaux adoptent certaines technologies de pointe qui leur permettent d’attirer de nouveaux talents.

S’il est bien conçu, un nouveau modèle combinant la technologie, les aptitudes et une approche de gestion novatrice pourrait atténuer le choc du vieillissement de la population pour le réseau de la santé du Canada. Il nous reste un peu de temps pour trouver la bonne formule, mais il faut que le réseau de la santé se tourne au plus vite vers l’économie fondée sur les aptitudes.
 

À titre de premier vice-président, Bureau du chef de la direction, de RBC, M. Stackhouse est chargé de l’interprétation des tendances mondiales et de renseigner la haute direction et le Conseil d’administration sur l’incidence de ces tendances sur RBC, ses clients et la société en général. Avant son entrée au service de RBC, il a été rédacteur en chef du Globe and Mail de 2009 à 2014, éditorialiste en chef de son magazine Report on Business, éditorialiste en chef national et international du journal et, de 1992 à 1999, correspondant à New Delhi en Inde.

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.