« Un jeune qui a participé au programme OYEP (Outland Youth Employment Program) il y a 12 ans travaille aujourd’hui pour une grande organisation du domaine de la santé et de la sécurité forestières, rapporte Ceilidh Milligan, directrice nationale, OYEP. Cet intérêt a germé lorsqu’il était adolescent, et il se consacre maintenant à cet emploi qui le passionne. »
La petite initiative visant à soutenir le secteur forestier dans le nord-ouest de l’Ontario qui a vu le jour en 2000 est devenue un mouvement national. Depuis 25 ans, le programme OYEP, projet phare de l’organisme sans but lucratif Dexterra Community Initiatives, aide les jeunes Autochtones à acquérir des compétences, à saisir des occasions et à cheminer vers la réussite. Ce programme va au-delà de la formation : il permet de forger des liens d’amitié dans la nature sauvage, de surmonter des défis et d’aspirer à un avenir meilleur.
Le programme a transformé la vie et le parcours professionnel de plus d’un millier de jeunes Autochtones issus de 188 communautés des quatre coins du Canada. Présent dans quatre provinces et proposant 15 types différents de formations et de possibilités d’emploi liées au territoire, le programme OYEP tire sa force de son approche inclusive et ancrée dans la culture. Il crée un environnement sûr où les jeunes se sentent soutenus aussi bien dans leur développement personnel que dans leur évolution professionnelle.
Le modèle de base du programme, soit une expérience professionnelle rémunérée de six semaines, est resté inchangé, car il donne d’excellents résultats. Les participants obtiennent des crédits d’études secondaires et des certifications, et se constituent un CV qui les positionne favorablement sur le marché du travail. La formation couvre des domaines allant des premiers secours à la conduite routière, en passant par le maniement de tronçonneuses, la surveillance environnementale et la sécurité minière. Les jeunes reçoivent également des enseignements culturels, tels que l’utilisation des plantes médicinales, le traitement des peaux de caribou et la fabrication de tambours, selon la région.
Et au fur et à mesure de leur apprentissage, les participants donnent au suivant. Depuis la création du programme, les participants ont planté plus de 2,7 millions d’arbres d’un océan à l’autre. Rien qu’en 2024, ils ont planté 118 080 arbres, en plus d’être formés en matière de lutte contre les incendies de forêt et dans d’autres domaines de base directement liés à la gérance environnementale.
Au-delà du travail sur le terrain, les élèves passent une semaine dans un établissement d’enseignement supérieur afin de découvrir la vie sur le campus. « Ils logent dans les dortoirs, mangent à la cafétéria et participent à des activités de sciences, technologie, ingénierie et mathématiques, note Mme Miligan. Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils se projettent dans ce milieu, et cela leur ouvre des portes. » De nombreux diplômés poursuivent ensuite des études postsecondaires. Par exemple, c’est le cas d’un ancien participant qui se destine à une carrière en droit de l’environnement.
L’une des forces uniques du programme OYEP réside dans sa capacité à créer des réseaux durables. Les anciens reviennent souvent en tant que mentors dans le cadre du programme Indigenous Youth Leadership. Ils y développent leurs compétences en gestion et en enseignement en guidant leurs pairs. Aujourd’hui, la moitié de l’équipe de gestion sur le terrain est composée d’Autochtones, dont plusieurs sont eux-mêmes passés par le programme.
Le soutien aux jeunes ne s’arrête pas à la fin des six semaines. « Nous restons en contact avec eux et prenons de leurs nouvelles, explique Mme Milligan. Nous leur fournissons des références professionnelles, les aidons à remplir des demandes de subvention ou répondons à tout autre besoin potentiel. »
Pour les partenaires comme RBC, le programme OYEP est synonyme de retombées positives et d’alignement. « Le programme permet aux jeunes Autochtones d’acquérir des compétences recherchées et les aide à se préparer à la prochaine étape de leur parcours de carrière en les mettant en contact avec des professionnels et des leaders clés de l’industrie, explique Vishan Persaud, directeur général, Impact et développement durable, RBC.
L’investissement pluriannuel de RBC a apporté au programme une stabilité essentielle. « Nous avons conclu une entente de financement pluriannuelle avec RBC, ce qui démontre clairement son engagement envers le programme », souligne Mme Milligan. De plus, des employés de RBC dispensent bénévolement des formations en littératie financière dans les camps, ce qui aide les participants, dont beaucoup occupent leur tout premier emploi, à ouvrir un compte bancaire et à gérer leurs revenus. Forts de ces compétences, les jeunes qui s’apprêtent à passer à l’âge adulte peuvent accéder à l’indépendance financière.
Pour RBC, l’engagement va au-delà du financement. « Grâce au programme OYEP, les membres de notre personnel, plus particulièrement ceux qui font partie de notre groupe-ressource d’employés Royal Eagles, ont la chance de côtoyer directement les jeunes des communautés rurales et isolées, précise M. Persaud. Il s’agit là d’un bel exemple de l’impact humain de la réconciliation et de l’investissement communautaire. »
Chaque année, le nombre de candidatures pour participer au programme augmente, dépassant souvent le nombre de places disponibles. Le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux jouent un rôle important, car les jeunes racontent leur expérience en ligne, incitant ainsi leurs proches à présenter une demande. On en revoit même certains devenus parents, qui encouragent leurs enfants à participer.
Pour Mme Milligan, le succès ne se mesure pas en fonction du nombre de certifications obtenues ou d’arbres plantés, mais plutôt en fonction de la croissance personnelle observée. « Nous créons un espace où les élèves peuvent s’épanouir, essayer de nouvelles choses et de rencontrer des gens formidables. Le programme OYEP ne se résume pas au travail. Il offre aux jeunes l’occasion de découvrir ce qui les inspire, de nouer des relations et d’acquérir des compétences qui leur serviront toute leur vie. »
Depuis le premier camp organisé près de Thunder Bay jusqu’au mouvement national qu’il représente aujourd’hui, le programme a insufflé un véritable vent de changement. Ce qui commence par un été d’apprentissage se transforme en un parcours durable d’opportunités, de résilience et de leadership qui finit par toucher non seulement la vie des jeunes, mais aussi celle de leurs familles et de leurs communautés.
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