L’année 2021 promet d’être meilleure que la précédente, étant donné la mise au point de vaccins contre la COVID-19 qui rétabliront à la fois notre santé et notre économie. Les défis logistiques que posent la fabrication et la distribution des vaccins rendent toutefois incertain le moment de la reprise. Les incertitudes quant à l’efficacité et à la durabilité des vaccins dicteront en outre à quelle vitesse les pertes subies à cause de la pandémie seront récupérées. La flambée des cas au cours des derniers mois et le retour des mesures de confinement laissent présager un début d’année tranquille, qui sera suivi d’un rebond appréciable dès la distribution à grande échelle des vaccins. Au final, nous prévoyons que les économies américaine et canadienne afficheront des gains respectifs de 4,4 % et de 5 %.

Les perspectives à court terme pour de nombreux pays, dont le Canada, demeurent assombries par la résurgence des infections et les restrictions qui pèsent lourdement sur l’activité économique. Le Canada et les États-Unis devraient finir 2020 en territoire positif, mais les économies de la zone euro et du Royaume-Uni devraient se contracter en raison de mesures de confinement plus étendues. Au début de 2021, la modeste croissance des quatre grandes économies sera soutenue par des mesures monétaires et budgétaires importantes, et prendra de la vigueur à mesure que les gens sont vaccinés, que les restrictions sont levées et que la confiance s’améliore.



La résurgence du virus freine l’économie américaine, mais la reprise à deux vitesses se poursuit

Après avoir effacé les deux tiers des pertes subies au premier semestre de l’année, l’économie américaine a relativement bien résisté au dernier trimestre de 2020, malgré la flambée des cas et la diminution du soutien gouvernemental. Bien que la situation de nombreux secteurs continue de s’améliorer, le secteur de l’hôtellerie subit toujours de fortes pressions, comptant pas moins de 35 % des quelque 10 millions d’emplois toujours vacants par rapport aux niveaux d’avant la pandémie. Les négociations concernant l’adoption d’un autre projet de loi de relance visant à soutenir les travailleurs et les entreprises touchés par la deuxième vague se poursuivent, mais il semble de plus en plus probable qu’aucune entente ne sera conclue avant le début de l’année prochaine. À l’inverse, la Réserve fédérale a maintenu le cap : ses décideurs ont choisi de conserver la fourchette cible du taux des fonds fédéraux à 0 %-0,25 % en achetant des titres d’État pour limiter les hausses des taux d’intérêt à long terme.

L’augmentation du nombre d’infections à la COVID-19 survenue à la fin de 2020 a ralenti la reprise sur le marché du travail, qui avait pourtant fait des gains rapides durant l’été. Si le taux de chômage a continué de fléchir, c’est en partie en raison des travailleurs qui quittent la population active, une situation qui met en lumière les répercussions à long terme de la crise. Enfin, l’élargissement des restrictions pour contrer la COVID-19 à la fin de l’année devrait ralentir la croissance de l’économie américaine au début de 2021.

Le plein rétablissement dépend de la distribution des vaccins

Nos prévisions sont fondées sur l’hypothèse que la distribution des vaccins sera suffisamment étendue pour que les autorités puissent réduire de façon substantielle et durable les restrictions au cours de l’été prochain. Les faibles taux d’intérêt, l’épargne élevée et la création d’emplois soutiendront les dépenses de consommation et le logement. Les entreprises devraient également dépenser davantage du fait qu’elles reconstituent leurs stocks et qu’elles investissent pour accroître leur capacité. Nous prévoyons qu’il y aura peu de capacités excédentaires dans l’économie américaine et que l’inflation se situera à environ 2,0 % d’ici la fin de 2021.

Même si les perspectives à moyen terme sont plus favorables, nous nous attendons à ce que la Réserve fédérale maintienne une politique très accommodante. À court terme, le contexte économique est encore particulièrement difficile, et l’incertitude entourant la distribution des vaccins demeure. La décision que la Fed a prise plus tôt cette année d’adopter un régime flexible de ciblage de l’inflation et d’élargir son objectif en matière d’emploi signifie qu’elle a aujourd’hui la latitude nécessaire pour maintenir les taux très bas et ainsi soutenir certaines parties de l’économie qui sont à la traîne.

L’économie du Canada reviendra aux niveaux d’avant la COVID-19 en 2021

L’économie a fortement progressé au troisième trimestre, si bien qu’en septembre, elle avait récupéré près des trois quarts de la chute de l’activité de 18 % survenue au printemps, quand les mesures de confinement étaient les plus strictes. La recrudescence des cas à l’automne a mené à d’autres restrictions, lesquelles ont freiné la croissance sans pour autant la réduire à zéro. Comme c’est le cas au sud de la frontière, certains secteurs de l’économie canadienne subissent toujours de fortes pressions, notamment ceux de l’hébergement, des loisirs et du voyage. Près de la moitié des emplois qui n’ont toujours pas été comblés après les mises à pied sont dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration. D’autres secteurs, comme le secteur manufacturier, sont beaucoup plus proches de leurs niveaux d’avant la pandémie. Le secteur du logement a pour sa part largement récupéré les pertes subies. Les ventes au détail ont aussi rebondi rapidement, bien que la fermeture de commerces non essentiels imposée à la fin de l’année dans certaines régions ait sans doute affaibli cette reprise. Certes, les mesures de confinement freineront la croissance à la fin de 2020 et au début de 2021, mais nous prévoyons une reprise plus forte et durable de l’activité dès que les vaccins seront distribués à plus grande échelle au milieu de l’année. Nous estimons par ailleurs que le PIB sera revenu aux niveaux d’avant la crise d’ici la fin de 2021.



Politique budgétaire généreuse et faibles taux d’intérêt

Les mesures de soutien mises en place par le gouvernement pour limiter les conséquences du virus sur les ménages et les entreprises resteront en vigueur au premier semestre de 2021. Ces mesures ne suffiront probablement pas à sauver toutes les entreprises, et le contexte économique à court terme reste très difficile. Néanmoins, les subventions salariales, l’aide pour le loyer et les garanties de prêts seront prolongées pour aider les entreprises à traverser la crise. Diverses mesures de soutien du revenu aideront en outre les ménages. Au total, le soutien économique du gouvernement fédéral s’élève à 275 milliards de dollars. À l’instar du gouvernement, la Banque du Canada continue d’appuyer la relance. Nous nous attendons à ce qu’elle laisse son taux directeur à 0,25 % tout le long de 2021 et qu’elle continue d’acheter des titres, quoiqu’à un rythme progressivement moindre, de manière que les emprunteurs puissent profiter de taux bas à long terme. La rapidité sans précédent de la reprise sur le marché du logement est d’ailleurs attribuable à ces mesures.

La grande réserve d’épargne accumulée par les ménages canadiens pendant la crise sera un facteur clé de l’économie en 2021. Selon nos estimations, les ménages ont mis de côté 160 milliards de dollars, puisque les mesures de confinement ont limité leurs dépenses et que les programmes gouvernementaux ont aidé à compenser les pertes de salaire. Nous nous attendons à ce que les dépenses de consommation demeurent vigoureuses, car les gens retourneront au travail et épargneront moins à mesure que l’économie se rétablira.

Les entreprises demeureront prudentes

Les entreprises devraient commencer à investir et reconstituer leurs stocks en 2021, mais étant donné l’incertitude qui plane sur la conjoncture économique mondiale et l’évolution de la demande des consommateurs, la reprise pourrait être lente. C’est particulièrement vrai dans le secteur de l’énergie : les prix du pétrole devraient rester inférieurs à ce qu’ils étaient avant la pandémie. Les achats de machinerie et d’équipement et les demandes d’enregistrement de droit de propriété intellectuelle devraient revenir aux niveaux d’avant la crise d’ici la fin de 2021, tandis que les entreprises accroissent leur capacité et mettent à niveau leurs processus pour s’adapter aux nouvelles habitudes des consommateurs.

Les taux bas favoriseront le marché du logement

La reprise du marché du logement canadien a été spectaculaire en 2020 et, bien qu’elle devrait ralentir en 2021, nous continuons de penser que l’activité et les prix demeureront à des niveaux historiquement élevés. La combinaison des faibles taux d’intérêt et d’une épargne élevée est à l’origine de la hausse des ventes au milieu de 2020. Ces conditions demeureront en vigueur en 2021, bien que le ralentissement de la croissance démographique et la détérioration de l’accessibilité à la propriété pourraient entraîner un léger recul des ventes.

La capacité excédentaire persistante limitera la pression exercée sur les prix

Après avoir plongé en territoire négatif au plus fort de la crise, le taux d’inflation du Canada s’est raffermi quand l’économie a commencé à se redresser. Les mesures d’inflation privilégiées de la Banque du Canada et les attentes ont également progressé, mais elles sont demeurées inférieures à la cible de 2 %. Les taux d’inflation devraient augmenter légèrement en 2021, car la reprise s’accélérera, mais la capacité excédentaire limitera la hausse.

Le dollar canadien sera stable en 2021



Le dollar canadien a récupéré les pertes liées à la pandémie par rapport au billet vert dans un contexte où les investisseurs retrouvent leur appétit pour le risque. Il a été soutenu par la remontée des actions et des prix des matières premières non énergétiques. Il devrait en outre conserver ses gains au cours du premier semestre de 2021. Au fil des mois, toutefois, le dollar américain regagnera selon nous du terrain et les marchés s’attendront sans doute à ce que la Réserve fédérale réduise ses mesures de relance avant d’autres banques centrales, dont celle du Canada.


Lire le rapport

Télécharger

 

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.