À l'approche de la prochaine décennie, l'automatisation des tâches constitue l'un des plus grands enjeux de l'heure. Près de la moitié des emplois actuels subissent de profonds changements liés à la technologie.

Les employés de première ligne, comme les vendeurs en magasin et les téléphonistes, sont les plus lourdement touchés par cette réalité, et la majorité de ces travailleurs sont des femmes. Selon un sondage mondial réalisé par Ipsos, 54 % des employés de première ligne devront, d’une façon ou d’une autre, se soumettre à une rééducation professionnelle intensive d’ici 2022.

Malgré les défis, il existe une occasion à saisir. Grâce aux bonnes formations et à la mise à niveau adéquate de leurs aptitudes, des millions de Canadiens pourront occuper de nouveaux et de meilleurs emplois, tandis que les machines se chargeront de tâches plus élémentaires et répétitives.

Lors de notre dernière séance Les innovateurs RBC, nous nous sommes entretenus avec Carol Leaman, chef de la direction d’Axonify, une entreprise de microapprentissage basée à Waterloo dont la mission est de révolutionner la façon dont les entreprises recyclent leurs employés de première ligne. Avec Mme Leaman, nous avons discuté des manières dont le changement radical de l’apprentissage peut transformer l’ère de l’automatisation en force positive, ainsi que de la réussite que connaîtront les femmes dans le monde automatisé de demain.

Tirer parti des aptitudes que les femmes possèdent déjà

Lorsqu’il est question de l’avenir du monde du travail, deux mots reviennent souvent : persévérance et résilience. Ces qualités, Mme Leaman les a apprises sur le tas : alors qu’elle n’était qu’une jeune comptable de 26 ans, son patron lui a un jour demandé de se débrouiller pour trouver 40 millions de dollars ! Bien que terrifiée, elle s’est retroussé les manches et elle l’a fait. « Mon patron m’a appris qu’avec de la volonté, on peut tout accomplir. »

Si Mme Leaman reconnaît que les femmes ont tendance à occuper des postes plus vulnérables à l’automatisation, elles possèdent, selon elle, une persévérance et une résilience ainsi que d’autres qualités qui leur permettront de s’orienter vers des emplois de plus en plus demandés. Une étude de RBC a dévoilé que 54 % des postes les plus susceptibles d’être touchés par l’automatisation sont occupés par des femmes, mais que celles-ci se distinguent par des aptitudes générales, numériques et sociales qui seront particulièrement recherchées pour les emplois de demain.

« Les femmes ont généralement les aptitudes de base nécessaires pour effectuer une transition vers de nouveaux emplois et de nouveaux secteurs. Nos postes sont plus menacés qu’avant, mais nous sommes mieux outillées pour faire face aux mutations », soutient Mme Leaman.

Preuve à l’appui, les femmes fondent aujourd’hui des entreprises à un rythme sans précédent. « Les femmes sont extrêmement débrouillardes. À mesure qu’évolueront les milieux de travail, les organisations déploieront de plus en plus d’efforts pour soutenir les femmes dans différents profils de carrière. »

Acquérir de nouvelles aptitudes de façons novatrices

Les conséquences de l’automatisation se feront le plus sentir chez les travailleurs de première ligne, comme les serveurs, les vendeurs en magasin et les représentants du service à la clientèle, des femmes pour la plupart. Pour survivre à leur remplacement, qui surviendra tôt ou tard alors que l’automatisation s’impose dans le secteur des services, ces travailleurs auront besoin d’une mise à niveau profonde de leurs aptitudes.

Or, Mme Leaman croit que le microapprentissage constitue la voie de l’avenir en matière de recyclage professionnel. Des plateformes comme Axonify offrent des moments d’apprentissage en petits segments aux employés de première ligne, de sorte qu’ils puissent apprendre et acquérir de nouvelles aptitudes tout en s’acquittant efficacement de leurs tâches.

Axonify a poussé cette approche encore plus loin en travaillant de concert avec un neuroscientifique pour mettre au point un algorithme adaptatif fondé sur la science cognitive. « Grâce au volume de données que nous recueillons actuellement, soit environ 50 millions de points de données par mois dans le monde entier, nous pouvons appliquer l’apprentissage machine à ces données et en tirer des corrélations vérifiables, notamment sur la façon dont certaines formations offrent des possibilités de croissance et de revenus », explique Mme Leaman.

Changer l’image du leadership

Alors, comment préparer son effectif au changement ? Encourager le leadership des femmes est un excellent point de départ. Les dirigeantes, qui incarnent et comprennent les aptitudes nécessaires pour réussir dans le monde du travail de demain, sont bien en selle pour faire face à cette évolution.

Pourtant, selon une nouvelle étude de Plan International, lorsqu’il est question de se représenter un chef de la direction, seulement 10 % des Canadiens âgés de 14 à 24 ans s’imaginent une femme.

« D’après moi, c’est parce qu’il n’y a pas suffisamment de modèles de réussite qui atteignent les plus hauts échelons du monde des affaires et qui bénéficient d’une grande visibilité », d’affirmer Mme Leaman.

Une plus importante présence de femmes à des postes de direction en attirera d’autres et servira d’inspiration pour les jeunes qui entrent sur le marché du travail.

Dirigeante et innovatrice d’expérience dans le domaine des technologies, Carol Leaman l’a bien compris. Nommée l’un des meilleurs lieux de travail pour les femmes au Canada, Axonify compte sur une forte présence féminine au sein de sa direction, et son effectif est composé à 45 % de femmes, parmi lesquelles se trouvent des responsables de produits, des professionnelles de la vente et des développeuses de logiciels – des équipes à prédominance masculine dans la plupart des sociétés technologiques.

« Les femmes sont attirées par les milieux de travail qui emploient beaucoup de leurs semblables, car elles voient les possibilités qui s’offrent à elles. »
Pour en savoir plus sur la préparation des femmes au monde automatisé de demain, téléchargez notre rapport.

À titre de premier vice-président, Bureau du chef de la direction, de RBC, M. Stackhouse est chargé de l’interprétation des tendances mondiales et de renseigner la haute direction et le Conseil d’administration sur l’incidence de ces tendances sur RBC, ses clients et la société en général. Avant son entrée au service de RBC, il a été rédacteur en chef du Globe and Mail de 2009 à 2014, éditorialiste en chef de son magazine Report on Business, éditorialiste en chef national et international du journal et, de 1992 à 1999, correspondant à New Delhi en Inde.

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